Quelques nœuds d'ajut supplémentaires

Cette page fait partie d'une série de planches hors-texte d'illustrations associée au Glossaire de la voile et de la mer. Un nœud d'ajut est un nœud permettant de rabouter deux cordages, de les relier entre eux bout à bout. Les principaux nœuds d'ajut sont décrits sur ma page principale des nœuds marins. Nous décrivons ici les nœuds d'ajut suivants :

  1. Le nœud de Carrick

  2. Le nœud de Rosendahl (ou nœud Zeppelin)

  3. Le nœud de gabier

  4. Le nœud de pêcheur

1. Le nœud de Carrick

Avec son dessus-dessous élégant, le nœud de Carrick (Carrick bend) est à la base de nombreux motifs décoratifs. Mais c'est aussi un très bon nœud d'ajut, robuste et fiable, qui peut servir par exemple à rabouter deux aussières pour un remorquage.




Faire une boucle avec l'un des filins. Passer l'autre en-dessous (ou au-dessus) de la boucle...

Puis conduire l'extrémité du second filin dessus-dessous etc...

... dessous ...




... dessus...

Jusqu'à avoir complètement entrecroisé deux boucles...

Serrer d'abord progressivement.


Lorsqu'on le serre complètement, il se retourne et change d'aspect, mais
donne un nœud d'excellente tenue.



2. Le nœud de Rosendahl (ou nœud Zeppelin)

Le nœud de Rosendahl (Zeppelin bend) doit son nom à Charles Rosendahl, commandant d'un dirigeable dans les années 1920, qui exigeait, paraît-il, que l'on amarrât son zeppelin à l'aide de ce nœud, en raison de sa très grande robustesse. C'est une référence, et ce nœud est incontestablement l'un des noeuds d'ajut les plus fiables, même et surtout avec des cordages synthétiques ayant tendance à glisser. De plus, il reste toujours très facile à défaire.



Deux demi-clefs entrecroisées l'une dans l'autre

Le nœud de Rosendahl une fois serré.


2.1 Nœud de Rosendahl : première méthode

Pour réaliser ce nœud, on peut faire la première demi-clef (par exemple celle du cordage de gauche ci-dessus), puis conduire l'autre cordage dans cette demi-clef pour former la seconde demi-clef. Cependant, le montage des deux demi-nœuds entrecroisés n'est pas très aisé, et il vaut mieux avoir un peu de méthode. En voici une première.




Former avec les deux cordages à ajuter deux ganses en parallèle...

Avec l'un des cordages, faire une demi-clef autour de l'autre cordage, comme ci-dessus...

Ramener le dormant du second cordage de l'autre côté (vers la droite, ci-dessus) et former la boucle de la seconde demi-clef...




Compléter la seconde demi-clef en repassant dans la première

Serrer d'abord progressivement pour aider le nœud à prendre sa forme définitive...

Et voilà, c'est fini !


2.2 Nœud de Rosendahl : seconde méthode

Le seconde méthode ci-dessous est peut-être plus simple, car très symétrique.




Former deux boucles symétriques l'une sur l'autre avec les deux cordages, courant à l'extôrieur...

Passer le courant du premier cordage dans les deux boucles afin de former la première demi-clef, comme ci-dessus...

Faire symétriquement la même chose avec le courant du second cordage. Il faut ensuite serrer progressivement, comme pour l'autre méthode.



3. Le nœud de gabier

Le nom “nœud de gabier” fleure bon les grands voiliers de la marine ancienne, mais c'est pourtant un nœud de conception fort récente. En 1978, le Times de Londres publia un article racontant qu'un médecin anglais, le Dr Edward Hunter, avait inventé un nouveau nœud. La création de ce “nœud de Hunter” (Hunter's bend) généra beaucoup d'excitation et conduisit, paraît-il à la création de la Guilde Internationale des Faiseurs de Noeuds (IGKT) en 1982. Quelque temps plus tard, on remarqua que ce nœud avait en fait été inventé vers 1943 par un Américain, Phil Smith, qui lui avait donné le nom de nœud de gabier (Rigger's bend). C'est donc plutôt ainsi qu'il faut l'appeler.

Avec ses deux demi-nœuds entrecroisés, le nœud de gabier ressemble comme un frère au nœud de Rosendahl, comme on le verra en comparaison l'illustration ci-dessous avec celle du nœud de Rosendahl plus haut.



Deux demi-nœuds entrecroisées l'une dans l'autre

Le nœud de gabier une fois serré.

Comme le nœud de Rosendahl, le nœud de gabier un nœud très fiable, y compris avec des cordages synthétiques ayant tendance à glisser.

Enfin, autre point de ressemblance avec nœud de Rosendahl, la confection des demi-nœuds entrecroisés n'est pas très aisée et demande un peu de méthode. Celle-ci ressemble d'ailleurs quelque peu à la seconde méthode proposée pour le nœud de Rosendahl.



Faire une boucle sur chaque cordage les superposer comme ci-dessus

Faire un demi-nœud avec l'un des cordages dans la boucle de l'autre cordage...



Symétriquement, faire demi-nœud avec l'autre cordage...

Serrer d'abord progressivement pour aider le nœud à prendre sa forme définitive.

4. Le nœud de pêcheur

Le nœud de pêcheur (fisherman's knot) est également constitué de deux demi-nœuds entrecroisés, mais chaque demi-nœud est confectionné autour du dormant de l'autre cordage. Lorsque l'on tire sur le dormant de chaque cordage, les demi-nœuds se rejoignent et se bloquent l'un sur l'autre.



Réaliser avec un des bouts un demi-nœud autour de l'autre bout...

Puis, symétriquement, réaliser un demi-nœud du second bout autour du premier...



Remarque : Il est en principe possible de défaire le nœud en tirant sur les deux extrémités (courants), afin de séparer les deux demi-nœuds, mais cela n'est réellement faisable qu'avec des brins à nouer suffisamment fins et lisses. C'est pourquoi ce nœud est surtout réservé à des fils de pêche ou à la rigueur de fines garcettes ou cordelettes. Sur des cordages de plus fort diamètre, il peut être presque impossible à défaire une fois bien souqué.

Tirer sur le dormant de chaque bout pour que les demi-nœuds se rejoignent en glissant l'un vers l'autre et se bloquent réciproquement.




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